🎾 Enseignant ou coach : dans le tennis, on confond encore trop souvent les deux.
Tout le monde se dit coach. Mais coacher, c’est quoi vraiment ?
8/15/20263 min read


Aujourd’hui dans le tennis, le mot « coach » est partout.
On donne une heure de cours : coach.
On accompagne un joueur sur un tournoi : coach.
On met quelques paniers de balles : coach.
Pourtant, il faut peut-ĂŞtre remettre les mots Ă leur place.
Être enseignant et être coach, ce n’est pas la même chose.
Et je ne dis pas qu’un métier est supérieur à l’autre. Je dis simplement que l’investissement, la responsabilité et la réalité du quotidien sont différents.
Le coaching commence là où la séance s’arrête
Un enseignant transmet, corrige, fait progresser. C’est son métier et il est essentiel.
Mais coacher un joueur, c’est aller beaucoup plus loin que son créneau d’entraînement.
C’est construire sa programmation. Choisir les périodes de compétition. Gérer la charge. Analyser les matchs. Adapter les entraînements. Échanger avec son entourage. Penser au physique, à la tactique, à la technique, au mental.
Et surtout : connaître l’humain derrière le joueur.
Parce qu’un joueur n’est jamais exactement le même à 9h le matin, cinq minutes avant son match ou dix minutes après une défaite.
Depuis 11 jours, je le vis du matin au soir
Actuellement, j’accompagne quatre joueurs depuis 11 jours, matin et soir.
Entraînements. Matchs. Déplacements. Préparations. Récupération. Discussions. Victoires. Défaites. Fatigue. Stress.
Je passe énormément de temps avec eux.
Et croyez-moi : c’est une autre approche du métier.
Au bout de plusieurs jours, vous ne voyez plus uniquement le coup droit, le revers ou le service.
Vous commencez à savoir quand un joueur a besoin d’être rassuré.
Quand il faut le secouer.
Quand il faut modifier la séance parce que la fatigue arrive.
Quand une défaite nécessite une analyse… et quand elle nécessite simplement du silence.
Ça, aucune fiche de séance ne peut vous l’apprendre.
Il faut le vivre.
Et le jour du match, le coach prend une autre dimension
Avant un match, j’entends encore trop souvent :
« Ne stresse pas. »
Mais pourquoi ?
Le stress fait partie de la compétition.
Un jeune qui joue pour quelque chose d’important va ressentir des émotions.
Notre travail n’est pas forcément de supprimer son stress.
Notre travail, c’est de lui apprendre à le comprendre, le réguler et l’utiliser.
Parfois, le bon mot change son état d’esprit.
Parfois, il faut rassurer.
Parfois, recadrer.
Et parfois, le meilleur coaching consiste simplement Ă ne rien dire.
Pour savoir lequel choisir, il faut connaître son joueur.
Vraiment.
Le haut niveau ne se construit pas à l’heure
C’est probablement la plus grande différence à mes yeux.
Quand vous accompagnez des jeunes qui veulent atteindre un niveau important, le projet ne s’arrête pas lorsque l’heure d’entraînement est terminée.
Le soir, vous réfléchissez déjà au lendemain.
Vous regardez une vidéo.
Vous changez une séance.
Vous adaptez une programmation.
Vous pensez à la récupération.
Vous préparez le prochain tournoi.
Parce que le projet du joueur ne connaît pas votre tarif horaire.
Et c’est là que je veux être très clair.
Quelqu’un qui choisit de donner ses heures, de faire correctement ses séances puis de s’arrêter là fait son métier d’enseignant.
Et il peut le faire extrĂŞmement bien.
Mais il ne vit pas la même réalité que celui qui accompagne quotidiennement des jeunes dans un projet de performance.
Ce n’est pas une critique. C’est une différence de mission.
Moi, c’est cette partie du métier que je kiffe.
Les 11 derniers jours ont encore renforcé quelque chose chez moi.
J’adore coacher.
J’adore chercher une solution.
J’adore analyser.
J’adore comprendre pourquoi un joueur réagit d’une certaine manière.
J’adore préparer un match, débriefer une défaite, modifier une séance, voir un joueur comprendre quelque chose et évoluer.
Mais attention :
ce métier est beaucoup moins simple qu’il en a l’air.
Parce qu’accompagner un joueur, c’est aussi accepter une part de responsabilité dans son projet.
Et cette responsabilité ne disparaît pas lorsque vous rangez le panier de balles.
Alors oui, soyons fiers d’être enseignants.
Soyons fiers de transmettre notre sport.
Mais arrêtons de mettre automatiquement le mot « coach » derrière chaque personne qui donne des heures sur un terrain.
Un enseignant transmet des compétences.
Un coach accompagne une ambition.
Et lorsque vous avez vécu pendant plusieurs jours les matchs, les entraînements, les déplacements, la fatigue, les émotions, les victoires et les défaites de vos joueurs…
vous comprenez une chose :
Le coaching ne commence pas avec la séance.
Et surtout, il ne s’arrête pas avec elle.
